photographer | césar toimil
curator | àlex piñeiro
design | àlex piñeiro&césar toimil
edition | walking_art_paths

LA_LIGNE est la conséquence d'un procesus créatif, une récréation du passé, vu sous l'angle de trois protagonistes. Aussi réelle que l'histoire offcielle, peut-être même plus, pour l'ndividualité et la partie humaine qu'elle possède.

merci ludovic vetzel Asociación Le Tiburce

la_línea

(by césar toimil)

La photographie communique très puissamment par le leurre, et pour montrer en même temps la cruelle réalité. On peut aussi affrmer que dans bien des cas, elle n’a pas besoin du leurre pour le faire. Le problème est sans doute savoir reconnaître la fiction et la réalité, ce qui est vrai, ce qui ne l’est pas. La vérité peut être fantasmée ou être fictive, mais il existe toujours une vérité associée à chaque création du point de vue conceptuel, et nous avons travaillé sur ce projet en partant de ce principe. LA_LÍNEA est ainsi la conséquence d’un processus créatif, une recréation du passé depuis le point de vue de ses protagonistes, aussi réelle que les histoires et les discours offciels, ou peut-être même plus, pour la charge individuelle, personnelle, et humaine qu’elle comporte.

J’ignore jusqu’où on savait “comment” raconter “ce qu’on” voulait raconter. Mais oui, une claire intention de parler de vérités, pas toutes évidentes, était la base. Le parcours que nous avons réalisé tout au long de l’historique Ligne Maginot, depuis l’ouvrage de La Ferté jusqu’à celui de Fort Casso; ce que l’on a trouvé, autant du point de vue humain comme du point de vue spatial, a répondu à nos questions.

César Toimil propose des photographies qui ont pour fil rouge la claire intention d’être honnêtes, qui possèdent un langage intime et sans fioritures. Elles ne trompent pas, ne prétendent pas faire croire quelque chose, elles se veulent propres, l’être ne veut pas dire ne pas travailler sur différents niveaux de signifié, ni renoncer à la complexité, mais le faire en utilisant des stuctures connues. L’espace a été traité comme un décor où ont eu lieu une série d’évenements, et ou ceux auquels on s’attendait, n’ont pas eu lieu. Dans ce décor jouent des acteurs, une oeuvre, tragique, est représentée, celle-la même de la propre existence de l’Homme, victime héroïque de ses propres erreurs, l’Homme en tant que son propre pire ennemi. L’oeuvre est représentée à travers les photographies, et oscille sur la ligne qui sépare la fiction de la réalité, la ligne frontalière entre la lumière et l’obscurité, entre le pouvoir et la fragitlité, entre le vivant et l’innerte, l’illusion et l’expérience réelle.

LA_LÍNEA César trace nous plonge dans un monde où règnent le silence, le vide et l’absence. La solitude, le malaise et la déraison de certains comportements de l’être humain la prédominent. Elle recréée une atmosphère inquiétante et fantasmagorique qui nous mène à un abîme que nous même avons fabriqué, en conséquence de nos peurs, de nos complexes et notre propre incapacité à comprendre ce que nous sommes. Ce n’est pas de la poésie, mais de la prose à l’état pur. Un beau jour, quelqu’un active un interrupteur, physiquement ou bien symboliquement, provoquant des actions ayant des conséquences terribles pour l’être humain anonyme. Francesc Torres dit: “connaître l’histoire n’empêche pas qu’elle se répète, des combinaisons infinies pour un seul même résultat. La guerre a ça de fascinant comme sujet d’étude, parceque malgré ses résultats tellement effroyables, il ne manque jamais de ressources humaines pour la faire. C’est un mystère.” C’est pour moi la continuelle et permanente immolation de l’espèce humaine. C’est aussi décevant que réel.

De la même façon, un ligne est la forme d’expression la plus simple, la plus pure. Elle délimite les formes et les profils, et peut être un élément d’union et d’échange très dynamique. Dans LA_LÍNEA se trace aussi la ligne d’horizon, celle du passé, du présent et du futur, de la mémoire, de l’espérance, celle qui nous relie à la vie. C’est aussi celle que nous avons trouvée là, celle qui pour nous représente l’esprit Maginot. Les personnalités qui souffrent peuvent devenir les plus belles personnalités, ont peut affrmer cela comme une vérité crédible.

Alex Piñeiro, commissaire à LA_LINEA

LA LIGNE MAGINOT: UNE STRATÉGIE RAISONNABLE

La ligne Maginot à mauvaise réputation, mais le fait que les Allemands ne s’y soient pas attaqués montre qu’elle a exercé un fort pouvoir dissuasif, les obligeant à changer leur stratégie. Il s’agissait d’une triple ligne défensive avec une centaine de forts (ouvrages) camoufiés dans le paysage. Ils se défendaient mutuellement, entourés d’abris fortifiés, de champs de mines, de zones inondables, etc. Quand la guerre a éclaté, la construction n’était terminée qu’entre les frontières avec l’Allemagne et le Luxembourg.

La France et le Royaume-Uni étaient convaincus qu’une guerre d’usure viendrait à bout de l’Allemagne, étant donné l’effcacité du blocus naval. Ils n’imaginaient même pas que les Allemands puissent attaquer la Ligne Maginot, ni le secteur des Ardennes, et attendaient tranquillement l’invasion de la Belgique. Ils refuseraient l’attaque, et accumuleraient les moyens mécaniques et blindés nécessaires pour attaquer, seulement au moment où l’Allemagne serait assez affaiblie par le blocus. Évidement il y aurait des morts, mais rien de comparable aux boucheries de la Première Guerre Mondiale. Mais l’Allemagne fit le pari d’un plan réellement audacieux, qui consistait à faire croire qu’ils allaient attaquer de la même manière qu’en 1914, pour que les meilleures troupes alliées entrent en Belgique. L’attaque principale passerait au travers des Ardennes, et avancerait rapidement pour occuper les ports français de la Manche, englobant plusieurs armées ennemies. Contre toute attente, ce plan triomphat.

Les 45.000 véhicules de la première escadrille d’attaque allemande formèrent d’énormes colonnes, détectées par l’aviation alliée, mais furent interprêtées comme un appât. Les Français n’ont pas non plus envoyé de troupes au bord de la Meuse pour empêcher la traversée des Allemands. Ils eurent tout de même une troisième occasion, lorsque l’avant-garde allemande s’ouvrit un très large passage avec les divisions hippomobiles de la seconde escadrille. Les alliés essayèrent de l’isoler en attaquant Arras, mais ce fut un échec cuisant. Au lieu de renouveller l’attaque, le Royaume-Uni rapatria son corps expéditionnaire, abandonnant un énorme butin. Suite à l’évacuation de Dunkerque, la Wehrmacht lança la seconde partie de son plan pour occuper la France définitivement. Il fallu alors transférer la majeure partie des garnisons depuis la Ligne Maginot pour défendre le front entre Sedan et la côte, mais presque tous les blindés avait été perdus, et il ne restait pas assez de réserves pour colmater une éventuelle rupture.

La France capitula le 22 juin, bien que certains forts continueraient le combat jusqu’au 10 juillet! Les Allemands ne purent capturer que cinq petits forts; même sans garnison, la Ligne Maginot résista.

LES ESPAGNOLS DANS LA BATAILLE DE FRANCE
Environ 55.000 républicains espagnols se sont enrôlés dans 226 Compagnies de Travailleurs Etrangers, construisant des routes et des fortifications, creusant des tranchées, etc. Ils portaient un uniforme et étaient militarisés, mais ils n’étaient pas soldats. 6.000 autres s’enrôlèrent dans l’infanterie française, et gagnèrent le respect de leurs supérieurs en prennant part aux combats. C’est le cas du 21ème Régiment Mixte de Volontaires Etrangers (comptant 900 Espagnols), qui contre toute attente freina l’avancée allemande au Chêsne. Quand le front céda à 35 kilomètres à l’ouest, le régiment défendit une tête de pont à Vaucouleurs, pour que le reste de la division puisse traverser la Meuse. Très mal-en-point, ils défendirent Colombey-les-Belles, à 20 km au sudouest de Nancy, jusqu’à l’armistice du 22 juin. Le 11ème Régiment Etranger d’Infanterie (avec 664 Espagnols) est un autre cas notoire. Il résista aux attaques de trois régiments allemands dans la forêt d’Inor, entre le 27 mai et le 18 juin. Ensuite, il couvrit la retraite jusqu’à Toul, à 15 km de Nancy. Lorsque la France capitula, il ne restait plus que 800 combattants, desquels 600 réussirent à éviter d’être fait prisonniers.

UNE DERNIÈRE RÉFLEXION
Il serait bon d’éradiquer la vision très répandue du faible moral de l’armée française, étant donné que beaucoup d’unités ont fait face à l’ennemi. Les français se sentent légitimement fiers de la Résistance et des Forces Françaises Libres du Général De Gaulle, qui ont continué la lutte, mais ils ne devraient pas mépriser ceux qui se sont battus et ont perdu la bataille de France. Environ 10.000 prisonniers espagnols furent internés au camp de Mauthausen, et un total de 35.000 autres sont morts au combat en France, dans les camps de concentration, et au sein de la Résistance. Que pouvait-on leur demander de plus?

Enrique Barrera Beitia, Historien.

Mon histoire avec la ligne Maginot commence il y a cinq ans. Ma compagne et moi emménageons ensemble dans la petite ville d'Hettange-Grande dans le département de la Moselle. Les frontières allemandes et luxembourgeoise se trouvent à 10 kilomètres. Déjà passionné d'histoire depuis petit ,mais sans réel connaissance sur l'histoire de cette fortification ,je décide de m'intéresser plus sérieusement à ce sujet. Le tracer de la ligne s'étend du nordest au sud-est de la France. Cette ligne d'ouvrage passant à moins d'un kilomètre de chez moi ,grace à quelque carte de géolocalisation ,je n'ai aucun mal à localiser et visiter les nombreux ouvrages à proximité. Je découvre six des plus gros ouvrages de combat de toute la ligne ,dans un périmetre de moins de vingt kilomètres de chez moi. Le paysage environnant cache bien des vestiges de cette époque et je découvrirait au fil du temps que les collines qui entourent Hettange-Grande était des positions de défense lourdement armées.
La ville possède elle aussi un ouvrage de combats sur pour assurer la protection de la voie de chemin de fer et de la route d'accès vers le Luxembourg. C'est l'A10 Immerhof. Lors de ma première visite de cette ouvrage il y a cinq ans ,je suis encore loin de l'idée d'intégrer l'association qui entretien ces lieux mais ressent déjà un intéret particulier pour cet ouvrage. Il s'agit bien là d'un batiment de guerre. En arrivant ,les imposantes façades bétonnées nous acceuillent canon et mitrailleuses en ligne de mir. Et c'est tout le paradoxe en découvrant l'endroit. Derrière les entrées massives ,rempart arrière du batiment ,plus de trois cent mètres de galeries .
Sur les dessus ,une vaste plaine ffeurie encerclée par un réseau d'arbres ayant repris sa place sur le barbelé d'autrefois. Les difiérentes saison qui passent ofire une harmonie de couleurs en constant changement. Une sorte de tableau d'artiste ou apparait l'acier d'une tourelle sortant à peine sa coifie d'un champ ffeurie. Ou le gris du béton ffanquer derrière une colline de verdure. Par de belles journées ensoleillées comme aujourd'hui ,ou ,adossé contre la cloche de guet du bloc 3 j'écris ces quelques lignes ,ont peut admirer la beauté de l'endroit. Seul le bruit des oiseaux et du vent dans les arbres. Difficile d'imaginer qu'il y a bientot quatre vingt ans ,un autre climat régnait. Comme ce soir de 1940 ,ou ,dans cette meme plaine ,le caporal RABU perdu la vie sous les bombardements de l'artillerie ennemis. La violence et la peur ont laissés place à la quiétude et la sérénité. L'ouvrage apparait maintenant comme un sous-marin de béton éternellement ancré à son quai de verdure.

C'est donc le 14 juillet 2017 ,jour de fete nationale en France ,que je me décide à intégrer l'association qui entretient et fait vivre la mémoire de cet ouvrage Immerhof. J'ai trente ans et j'ai passé une dizaines d'années dans le monde automobile ,d'abord par passion ,et professionnellement ensuite. C'est pourquoi cet engagement était particulier pour moi. Je cherchais à me retrouver personnellement dans un autre domaine de ma vie. Sortir de ma zone de confort et concretiser un autre mes centre d'intéret. N'ayant au début que quelque connaissances sommaire de l'histoire de la ligne Maginot ,j'intègre donc l'équipage "moderne" d'Immerhof avec un besoin d'en savoir plus.Grace ,certainement à l'éducation de ma mère, j'ai toujours chercher à connaitre l'envers des choses. L'autre version de l'histoire que l'on nous présente. La vraie version. Celle de tous ces gens , ces gens qui ont construit pendant 5 années ces ouvrages plus impressionnant les uns que les autres ,ces gens qui ont servis comme soldats dans ces ouvrages pour leur pays et dont l'histoire fut peu a peu oubliée. Ces personnes civiles déplacées qui ont tout perdu et qui ont reconstruit leur vie et leur famille après tant d'épreuve l'histoire de mon arrière grand-mère en est l'exemple. Par mes rencontres avec d'autres passionnée et visiteurs de la ligne Maginot ,je découvrait les histoires dans l'histoire. Un nombre impressionnant d'anecdote , de récit d'enfance , ou autres témoignage passionnant et émouvant. Aujourd'hui ,un an après mon intégration ,j'évolue dans cette association en tant que manoeuvre et guide de visite. Cette activité de guide fut l'occasion d'échanger avec beaucoup de personnes difiérentes et de pays difiérent et m'a permis d'en apprendre beaucoup sur moi-meme de réellement m'épanouir dans le reste de ma vie. Transmettre ma passion et mes connaissances par le plaisir d'échanger avec les autres ,aura mis en évidence un état d'esprit très commun avec une personne qui compte beaucoup pour moi , mon père . Avec du recul ce que je retient de cette experience , est que l'histoire de cette ligne Maginot est avant tout une aventure humaine. En ces lieux il ne s'agit pas de propager un quelconque culte de la guerre ,mais d'assurer la mémoire de l'engagement profond et du courage dont ont fait preuve tout ces gens à cette époque. Ces gens , nos familles , qui ont vécu de près ou de loin cette guerre dans le monde entier.

Finalement ,ce n'est pas mon histoire ,c'est notre histoire...

Ludovic Vetzel, Asociación Le Tiburce, Ouvrage Immerhoff

merci


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ouvrage la ferté > 49°35’0.92’’N - 5°13’59.8’’E
ouvrage fermont > 49°26’56.3’’N - 5°40’4.70’’E
ouvrage hackenberg > 49°20’30.3’’N - 6°21’55.9’’E
ouvrage immerhof > 49°25’30.7’’N - 6°08’9.64’’E
ouvrage fort casso > 49°03’31.8’’N - 7°16’0.91’’E